07.10.2007
A lire… Revue « Management » d’octobre, Dossier sur le Stress
Domptez votre Stress, disent-ils…
Trois suicides consécutifs de cadres, chez Renault, semblent avoir braqué les projecteurs de l’actualité sur le phénomène du stress. Ainsi la revue Management vient de publier ce mois-ci un dossier sur le Stress, intéressant à plus d’un titre.
D’abord, le stress y est décrit en tant que mécanisme de survie.
Un tel mécanisme serait, selon la revue, bien adapté à l’homme des cavernes, mais peu utile dans les embouteillages. Et je suis bien d’accord, le problème est bien posé.
Ensuite viennent des conseils aux managers : « jusqu’où un chef peut-il mettre la pression ? ».
L’article cite trois règles simples :
- Expliquer aux salariés la stratégie de l’entreprise.
- Montrer la voie, mais laisser à chacun de l’autonomie.
- Encourager le talent par la confiance.
A mon sens, ces règles relèvent tout simplement de l’humain : les négliger revient à confondre l’homme avec une machine.
Au fait, qu’est-ce qui distingue un être humain d’une machine ? Une machine peut vous suivre sans explication, sans autonomie, sans témoignage de confiance. Un être humain au contraire, a besoin de sentir qu’on lui laisse une liberté d’action, que l’on reconnaît son talent. Une machine n’a pas toutes ces prétentions c‘est vrai, mais une machine, n’a pas non plus la capacité d’adaptation d’un être humain.
Alors, mettre un peu d’humanité dans un monde très mécanisé, me semble très important aujourd‘hui, si l’on veut lutter contre le stress.
Le dossier analyse aussi les raisons du malaise chez Renault. Parmi les causes citées, en voici une qui nous concerne tous :
Il s’agit des courriers électroniques à répétition, auxquels on répond en intégrant en copie ses supérieurs, voire un certain nombre de ses collègues. Effet Boule de neige : « t’envoies un message, t’en reçois dix ».
Je pose la question : ces copies sont-elles faites pour informer ou pour se couvrir ? Si c’est pour informer c’est raté : trop d’information tue l’information.
Si c’est fait pour se couvrir, là c’est très réussi. J’avais un collègue qui procédait comme ça. En fait, il avait une liste gigantesque de tous ceux qui, de près ou de loin, pouvaient dans certaines occasions, être concernés. Et chaque fois qu’il envoyait un message, il joignait toute la liste : ça lui faisait gagner du temps mais nous, on devait trier parmi ses messages. Et pour ça, il fallait les lire…
Si dans une entreprise, une seule personne met tout le monde en copie, on peut considérer qu’il travaille mal. Mais si tout le monde procède ainsi, on peut se poser des questions sur la culture de l’entreprise : les cadres sont-ils motivés par la réussite ou par la peur ?
Enfin je voudrais revenir sur cette idée de « stress positif », encore citée dans le dossier.
Même si elle traduit un fond de vérité, je trouve l’expression mal définie : parler tantôt de stress positif, tantôt de stress négatif, est une manière de créer la confusion, en l’absence de frontière précise les séparant.
Ce qui est vrai, c’est qu’un personnel manquant de stimulation le vit mal, et n’apporte de surcroît rien à l’entreprise : mais alors il serait plus clair de parler de stimulation positive, une stimulation nécessaire pour être efficace. La grande force de l’animateur d’une équipe, est de faire apparaître le positif de la situation future, et de motiver les personnels autour d’un projet attractif.
Stimuler le personnel positivement, me semble infiniment plus puissant que de « mettre la pression ».
En effet la créativité s’exprime avec plus de facilité dans une ambiance de confiance. Une personne, si imaginative soit-elle, ne peut inventer à elle seule des solutions solides, dans un univers technique où tout est imbriqué, or le partage d’informations et d’idées ne peut se faire que dans une ambiance de confiance. Travailler dans la peur, dans la méfiance et dans l’isolement, avec mission d’être créatif, c’est mission impossible !
Méfions nous donc du « stress positif », non seulement ce n’est pas la meilleure manière de présenter les choses, mais il a des effets pervers. La stimulation est plus claire et plus saine.
21:35 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : management, cadre, renault, information, stress, créativité

