09.11.2007
Comment gérer la mauvaise foi ?
Un article paru dans la revue « Courrier cadres » d’octobre, sur le thème « Comment gérer les émotions des autres», concluait qu’il était difficile voire impossible, de gérer la mauvaise foi.
J’avais dans un premier temps réagi en trouvant cette conclusion un peu résignée, en effet si la vérité devait faiblir devant la mauvaise foi, le mensonge ne deviendrait-il pas la règle ? J‘ai reçu depuis un certain nombre de mails relatifs à cette question, et je me propose de les regrouper ici, afin que tous les lecteurs puissent bénéficier des bonnes idées qui ont été échangées.
De l’avis général, il faut d’abord distinguer si l’auteur des mensonges cherche seulement à se protéger, ou bien s’il cherche à manipuler les autres.
En effet on peut tolérer qu’une personne cherche à se protéger de façon maladroite, mais pas que quelqu’un cherche à nuire. Dans ce dernier cas il est important de trouver des alliés, d’accumuler le plus possible d’éléments concrets, qui pourront être utilisés en cas d‘affrontement.
Les manipulateurs étant rarement des personnes adulées, il devrait normalement être facile de trouver des alliés. Toutefois selon l’avis de l’un d’entre vous, il faut le faire de façon prudente : les manipulateurs ne sont pas aimés certes, mais ils inspirent parfois la peur, aussi les victimes de leurs mauvais traitements doivent d’abord se reconnaître et se regrouper, prendre confiance en elles, retrouver confiance dans le groupe.
Pour chercher des alliés, il est donc préférable d’interroger les gens de manière discrète, par interrogations indirectes, comme par exemple « le comportement de Untel me laisse perplexe, qu’en pensez vous ? », et d’observer les réactions.
Une fois que les victimes du manipulateur se sont reconnues et regroupées, on peut envisager une action. On ne recherchera pas pourtant l’affrontement direct : les manipulateurs répugnent à être démasqués en public, ils peuvent se débattre avec la dernière énergie, et personne ne sait quelles pourraient être les conséquences. Soyons économes dans l’affrontement : pour qu’un manipulateur batte en retraite, il suffit de lui montrer qu’on a les moyens de le mettre en difficulté, avec humour et politesse. En le considérant comme une personne responsable et respectable, capable de progresser vers davantage de transparence…
Cette attitude, n’est-ce pas préférable à la fuite ? Bravo à toutes les personnes qui, par leur idées, ont participé à ce message. Et merci pour vos commentaires.
14:50 Publié dans 7_Management anti-stress | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : cadre, management, gérer la mauvaise foi, le mensonge au travail, faire face aux manipulateurs, contrer la manipulation
19.10.2007
A lire… Revue « Courrier cadres » d’octobre : Gérer ses émotions…
Nos émotions en milieu professionnel
Les auteurs de l’article posent la question en ces termes : « Les contraintes de la vie en entreprise nous exposent à des fortes réactions émotionnelles. Entre subir et exploser, comment trouver le juste milieu ? »
Les coachs interrogés proposent alors une série de bonnes recettes pour « tenir le coup » en situation de tension. Il s’agit essentiellement de conseils permettant de se comporter habilement afin de conserver intact le plus longtemps possible notre « capital de résistance émotionnelle ».
Avec cette remarque : « Notre émotivité dépend aussi des ressorts qui nous sont propres. Plus que jamais, le célèbre « connais-toi toi-même » de Socrate, demeure précieux. »
Gérer les émotions des autres :
Là, il s’agit de réagir en fonction de la personnalité de l’autre. Les auteurs conseillent de rester Zen face aux agressifs, de se protéger des émotifs, de détecter les manipulateurs.
Des conseils bien utiles, qui rendent l'article intéressant pour toute personne amenée à encadrer du personnel, et plus généralement pour toutes les personnes qui travaillent en équipe.
Comment gérer la mauvaise foi ?
C’est seulement à la fin de ce dossier que le lecteur reste un peu sur sa faim, lorsque l’article précise à propos de la mauvaise foi : « De l’avis de tous les coachs interrogés, voilà une situation où l’on ne peut pas faire grand chose. Mieux vaut abdiquer et tourner la page. »
Je suis pourtant d’un avis différent, car si la vérité devait fuir devant le mensonge, le mensonge ne tarderait pas à s’installer partout.
Nous les êtres humains, on a triomphé de l’ours et du félin géant, alors je pense qu’en s’y mettant tous, on devrait pouvoir trouver un remède contre la mauvaise foi, vous ne croyez pas ? J’attends vos idées, n’hésitez pas à les indiquez en commentaires. J’en ferai éventuellement la synthèse, lors d’un prochain article.
19:00 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : gestion des emotions, entreprise, gerer les emotions des autres, cadre, émotivité, agressifs, émotifs
07.10.2007
A lire… Revue « Management » d’octobre, Dossier sur le Stress
Domptez votre Stress, disent-ils…
Trois suicides consécutifs de cadres, chez Renault, semblent avoir braqué les projecteurs de l’actualité sur le phénomène du stress. Ainsi la revue Management vient de publier ce mois-ci un dossier sur le Stress, intéressant à plus d’un titre.
D’abord, le stress y est décrit en tant que mécanisme de survie.
Un tel mécanisme serait, selon la revue, bien adapté à l’homme des cavernes, mais peu utile dans les embouteillages. Et je suis bien d’accord, le problème est bien posé.
Ensuite viennent des conseils aux managers : « jusqu’où un chef peut-il mettre la pression ? ».
L’article cite trois règles simples :
- Expliquer aux salariés la stratégie de l’entreprise.
- Montrer la voie, mais laisser à chacun de l’autonomie.
- Encourager le talent par la confiance.
A mon sens, ces règles relèvent tout simplement de l’humain : les négliger revient à confondre l’homme avec une machine.
Au fait, qu’est-ce qui distingue un être humain d’une machine ? Une machine peut vous suivre sans explication, sans autonomie, sans témoignage de confiance. Un être humain au contraire, a besoin de sentir qu’on lui laisse une liberté d’action, que l’on reconnaît son talent. Une machine n’a pas toutes ces prétentions c‘est vrai, mais une machine, n’a pas non plus la capacité d’adaptation d’un être humain.
Alors, mettre un peu d’humanité dans un monde très mécanisé, me semble très important aujourd‘hui, si l’on veut lutter contre le stress.
Le dossier analyse aussi les raisons du malaise chez Renault. Parmi les causes citées, en voici une qui nous concerne tous :
Il s’agit des courriers électroniques à répétition, auxquels on répond en intégrant en copie ses supérieurs, voire un certain nombre de ses collègues. Effet Boule de neige : « t’envoies un message, t’en reçois dix ».
Je pose la question : ces copies sont-elles faites pour informer ou pour se couvrir ? Si c’est pour informer c’est raté : trop d’information tue l’information.
Si c’est fait pour se couvrir, là c’est très réussi. J’avais un collègue qui procédait comme ça. En fait, il avait une liste gigantesque de tous ceux qui, de près ou de loin, pouvaient dans certaines occasions, être concernés. Et chaque fois qu’il envoyait un message, il joignait toute la liste : ça lui faisait gagner du temps mais nous, on devait trier parmi ses messages. Et pour ça, il fallait les lire…
Si dans une entreprise, une seule personne met tout le monde en copie, on peut considérer qu’il travaille mal. Mais si tout le monde procède ainsi, on peut se poser des questions sur la culture de l’entreprise : les cadres sont-ils motivés par la réussite ou par la peur ?
Enfin je voudrais revenir sur cette idée de « stress positif », encore citée dans le dossier.
Même si elle traduit un fond de vérité, je trouve l’expression mal définie : parler tantôt de stress positif, tantôt de stress négatif, est une manière de créer la confusion, en l’absence de frontière précise les séparant.
Ce qui est vrai, c’est qu’un personnel manquant de stimulation le vit mal, et n’apporte de surcroît rien à l’entreprise : mais alors il serait plus clair de parler de stimulation positive, une stimulation nécessaire pour être efficace. La grande force de l’animateur d’une équipe, est de faire apparaître le positif de la situation future, et de motiver les personnels autour d’un projet attractif.
Stimuler le personnel positivement, me semble infiniment plus puissant que de « mettre la pression ».
En effet la créativité s’exprime avec plus de facilité dans une ambiance de confiance. Une personne, si imaginative soit-elle, ne peut inventer à elle seule des solutions solides, dans un univers technique où tout est imbriqué, or le partage d’informations et d’idées ne peut se faire que dans une ambiance de confiance. Travailler dans la peur, dans la méfiance et dans l’isolement, avec mission d’être créatif, c’est mission impossible !
Méfions nous donc du « stress positif », non seulement ce n’est pas la meilleure manière de présenter les choses, mais il a des effets pervers. La stimulation est plus claire et plus saine.
21:35 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : management, cadre, renault, information, stress, créativité

